400 millions d’euros. 12 ans. 2% des effectifs couverts. C’est le bilan de SIRHEN, le logiciel RH que l’Éducation nationale a tenté de construire pour remplacer ses vieux systèmes des années 1980. Budget initial : 60 millions, 5 ans. Résultat : le ministère abandonne le projet et rallume les systèmes des années 1980.

Ce n’est pas un cas isolé, mais c’est un cas particulièrement bien documenté : la Cour des comptes en a détaillé l’ampleur dans un rapport officiel. Et surtout, il illustre parfaitement les trois failles qui font échouer un projet IT, bien au-delà du secteur public.
Erreur n°1 : le cadrage
L’ambition de SIRHEN était d’unifier carrières, paie et formation de 1,1 million d’agents sur une seule plateforme. Un périmètre immense, pensé pour tout couvrir d’un coup plutôt que d’avancer par étapes. La Cour des comptes est directe sur ce point : le ministère avait sous-estimé la complexité de l’outil qu’il tentait de construire.
C’est l’erreur de cadrage la plus classique en pilotage de projet informatique : viser l’exhaustivité dès le départ, au lieu de livrer un périmètre réduit qui fonctionne, puis d’étendre.
Erreur n°2 : le pilotage
La deuxième faille est la plus révélatrice. La Cour des comptes est claire : la cause de l’échec n’est pas technique. C’est une « gouvernance introuvable », avec des prestataires laissés sans contrôle pendant douze ans. Personne n’avait la vue d’ensemble du projet, ni l’autorité nécessaire pour arbitrer les choix.
Un projet peut survivre à une techno mal choisie. Il survit rarement à l’absence de quelqu’un pour dire non, recadrer, ou trancher entre deux options.
Erreur n°3 : le courage d’arrêter
Le signal d’alerte était pourtant là, chiffré, bien avant l’abandon officiel : 1,8% des agents couverts en 2017, puis 2% un an plus tard. Un an de développement supplémentaire pour 0,2 point de progression. Il aura fallu attendre 2018 pour que le ministre acte l’arrêt du projet, et 2020 pour que la Cour des comptes en détaille l’ampleur.
Ces trois failles se nourrissent l’une l’autre. Sans pilotage unique, personne ne recadre un scope trop ambitieux. Et sans quelqu’un pour arbitrer, personne n’a l’autorité de dire stop à temps.
Ce que ça change en pratique
Ce dossier a plusieurs années, mais ces trois erreurs se revoient encore aujourd’hui, en plus petit, sur des projets bien plus modestes : un scope qui gonfle en cours de route, un prestataire livré à lui-même, un mauvais signal qu’on choisit d’ignorer un an de plus.
C’est précisément pour ça qu’un pilotage projet informatique unique, du cadrage à la livraison, change tout : quelqu’un qui challenge le scope au départ, qui garde la main sur l’ensemble en cours de route, et qui a la légitimité de trancher avant l’année 10, pas après.
Chez Mahé Technologies, c’est le rôle qu’on tient sur chaque projet qu’on accompagne : un interlocuteur unique qui pilote la définition du besoin, la constitution de l’équipe, la réalisation et la livraison, plutôt qu’un prestataire de plus livré sans contrôle.
Un projet dont le scope ou le pilotage vous inquiète ? Parlons-en.
